Le frelon asiatique, bientôt chez nous ?

Arrivé en 2004 dans le Lot et Garonne, probablement dans un lot de poterie chinoise, la Vespa Volutina, appelée plus communément frelon asiatique ou frelon à pattes jaunes, colonise petit à petit notre territoire et cause de nombreux dégâts.

 

Il gagne du terrain chaque année. Seuls quelques départements de l’Est étaient jusqu’ici épargnés. Des cas d’apparition de ce frelon ont récemment été constatés en Haute Savoie. On ne peut pas dire que le département soit colonisé, mais il le sera sans doute bientôt.

 

 Comment reconnaître le frelon asiatique ?

Le frelon asiatique a un aspect globalement brun foncé, son abdomen est brun (sauf son 4ème segment qui est orangé), ses pattes sont brunes (jaunes à leurs extrémités) et sa tête est jaune orangé.
Le frelon européen (vespa crabro) a quant à lui un corps tacheté de roux et l’abdomen rayé jaune et noir.

L’Asiatique est un peu plus petit que l’Européen : il mesure de 17 à 22 mm à l’âge adulte, contre 18 à 25 mm.

 

 

 

 

Quel est son cycle de vie ?

  • De fin février à avril, c’est la fin de l’hibernation : les reines fondatrices s’attellent à la construction d’un nouveau nid. Elles pondent et veillent sur les premières larves, qui deviendront des ouvrières.
  • En mai, les premières ouvrières s’activent à développer et à faire croître le nid.
  • À partir de juillet, c’est l’apogée. Le nid grouille de frelons jusqu’en septembre.
  • À partir de fin septembre, les reines et les mâles quittent le nid.
  • L’automne venu, les reines fécondées partent hiberner. Les mâles mourront pendant l’hiver.

Au printemps, les reines sortent de leur hibernation, construisent un nid, pondent et le cycle recommence.

Le nid

Contrairement au frelon européen qui privilégie les vieux troncs creux, le frelon asiatique peut construire son nid n’importe où : très haut dans les arbres ou près des habitations. Il s’installe généralement à proximité d’un point d’eau, nécessaire pour l’hydratation des larves ainsi que pour la réalisation de la pâte de bois mâché.

 

En Europe, le diamètre des nids varie de 30 à 50 cm. Il peut atteindre 80 cm et héberger plus de 1000 insectes lorsqu’il est perché au sommet des arbres.

L’entrée du nid du l’asiatique est généralement discrète, sur le côté. Alors que celle de l’européen est plus prononcée et située sur le bas du nid.

 

De quoi se nourrit-il ?

Le frelon asiatique se nourrit de protéines qu’il trouve dans la chair des insectes et notamment des abeilles.

Il s’attaque donc à l’abeille européenne (apis mélliféra) et à l’abeille asiatique (apis cerana). Il les guette en les attendant en vol stationnaire devant la ruche, les décapite, les dépèce et ramène au nid leur thorax riche en protéines pour nourrir ses larves. Il est capable de tuer une abeille en moins d’une minute.

Lorsque plusieurs frelons attaquent simultanément une ruche, ils peuvent la détruire en quelques minutes. Les abeilles sont agressées au moment où elles retournent dans la ruche pour alimenter leur colonie. Une fois les gardiennes supprimées, ils pénètrent dans la ruche pour atteindre le couvain et éradiquent la colonie.

Outre les abeilles, le frelon s’alimente d’insectes : papillons, fourmis, pucerons et chenilles (y compris la pyrale du buis). À l’automne, il dégustera volontiers les fruits des vergers, comme son cousin européen.

En décimant les abeilles, le frelon asiatique déséquilibre toute l’agriculture et menace sa pérennité.

L’abeille pollinose plus de 20 000 espèces de plantes sur notre territoire, dont plus de 40 % de fruits et de légumes. On peut donc supposer le désastre si elle venait à totalement disparaître.

Malheureusement, il n’existe à ce jour aucun prédateur ou régulateur du frelon asiatique en Europe.

 

Est-il dangereux pour l’homme ?

Le frelon asiatique est spontanément peu agressif, sauf s’il est dérangé. Auquel cas, il peut attaquer seul ou en groupe de manière très virulente.

Il y a danger pour l’homme lorsqu’on s’approche trop près de son nid : il établit en effet “une zone de sécurité” qu’il ne faut pas franchir. Cette zone est d’autant plus grande que la taille du nid est importante.

La plupart des nids étant situés en hauteur, le risque est faible. Il est cependant possible que certains nids installés plus bas et proches des habitations représentent un réel danger.

Contrairement au frelon européen, le frelon asiatique ne vole pas la nuit, mais sa piqûre est plus douloureuse.

Si vous apercevez un nid proche de chez vous, surtout n’entreprenez pas de le détruire. Adressez-vous à votre mairie qui vous réorientera vers l’organisme local de lutte.

 

Que faire en cas de piqûre ?

 

Le dard du frelon est toujours prêt à réagir en cas d’attaque, mais il n’est pas plus dangereux que celui des insectes plus petits et plus habituels, à condition de ne pas être allergique.

Le venin du frelon est moins toxique que celui de l’abeille. Son dard étant plus long, sa piqûre est plus douloureuse car il s’enfonce profondément dans la peau. Le venin est alors injecté directement dans les vaisseaux sanguins, ce qui accélère la réaction.

 En général, il y a plus de peur que de mal. Il faut cependant réagir rapidement face à certaines piqures de frelon :

  • Au niveau de la bouche ou de la gorge, le risque d’étouffement suite au gonflement de cette zone est très sérieux
  • Au niveau de l’œil, c’est une piqure rare, mais qui exige une intervention d’urgence.
  • En cas de piqure multiple, la quantité de venin injecté dans le corps est importante et une réaction toxique est à craindre

Dans ces 3 cas, contactez immédiatement le samu ou les pompiers.

 

Conclusion

En moins de dix ans, le frelon asiatique à pratiquement colonisé la France.

À ce jour, les piégeages et les destructions de nid (au dioxyde de soufre, avec insecticide ou collecte) ralentissent sa progression. Quelle que soit la méthode, elle doit être réalisée uniquement par des professionnels.

Nous sommes bien incapables de prédire comment le frelon asiatique va évoluer et s’adapter à l’avenir. Ce que nous savons, c’est que nos abeilles sont en danger. Et quand les abeilles sont en danger, c’est l’homme qui l’est également.

Soyons donc vigilant et prudent, en attendant que les recherches en cours aboutissent à des moyens de lutte plus efficaces.

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